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SASU, SARL, EURL ou micro : quel statut choisir en 2026 ?

Par Vincent Viaud, expert-comptable inscrit à l’Ordre. Publié le 14 avril 2026.

Le bon statut juridique est celui qui colle à vos revenus prévisionnels, à la protection sociale que vous visez et à la trajectoire de votre projet. Il se calcule plus qu’il ne se devine. Voici le comparatif 2026 entre micro-entreprise, EURL, SASU et SARL, avec les critères qui font réellement la différence.

Quels sont les statuts possibles pour se lancer seul ?

Pour un créateur solo, trois voies dominent : la micro-entreprise (une entreprise individuelle au régime simplifié), l’EURL (SARL à associé unique) et la SASU (SAS à associé unique). La micro n’est pas une forme juridique mais un régime fiscal et social ultra-simplifié de l’entreprise individuelle ; EURL et SASU sont de vraies sociétés, avec un patrimoine distinct et des statuts.

À plusieurs, la SARL et la SAS reprennent respectivement les logiques de l’EURL et de la SASU. Le raisonnement reste le même, seuls s’ajoutent les enjeux de gouvernance entre associés.

Micro-entreprise : pour qui est-ce vraiment fait ?

La micro-entreprise convient aux activités qui démarrent, aux compléments de revenus et aux prestations avec peu de charges : les cotisations et l’impôt se calculent sur le chiffre d’affaires encaissé, la comptabilité se limite à un livre de recettes. Depuis 2026, les plafonds sont revalorisés à 83 600 € pour les services et 203 100 € pour les ventes.

Sa limite structurelle : l’abattement forfaitaire remplace les charges réelles. Si vos frais réels sont élevés (achats, sous-traitance, matériel, déplacements), vous êtes imposé sur un bénéfice que vous ne réalisez pas. C’est le signal classique du passage en société, souvent bien avant d’atteindre les plafonds.

SASU ou EURL : la vraie différence est sociale

La différence majeure entre SASU et EURL tient au statut social du dirigeant : président de SASU assimilé salarié, gérant d’EURL travailleur non salarié (TNS). Concrètement :

SASU ou EURL : les critères qui tranchent
CritèreSASUEURL
Statut social du dirigeantAssimilé salarié (régime général)TNS (Sécurité sociale des indépendants)
Niveau de cotisations sur la rémunérationPlus élevéPlus faible
Protection socialePlus complète (hors chômage)Plus légère, à compléter (prévoyance, retraite)
DividendesNon soumis à cotisations socialesSoumis à cotisations au-delà de 10 % du capital
Image / levée de fondsSouple, appréciée des investisseursClassique, cadre légal plus rigide

En simplifiant : l’EURL laisse souvent davantage de net immédiat, la SASU achète une meilleure couverture sociale et une grande souplesse (notamment pour se verser des dividendes ou accueillir des associés). Le bon arbitrage dépend de votre âge, de votre situation familiale et de vos besoins de revenus, et il se chiffre.

Et l’impôt dans tout ça ?

Par défaut, SASU et EURL relèvent de logiques différentes : la SASU est à l’impôt sur les sociétés (IS), l’EURL à l’impôt sur le revenu (IR) avec option possible pour l’IS. Des options croisées existent dans les deux sens, temporaires ou définitives. À l’IS, le taux 2026 est de 25 %, avec un taux réduit de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour les PME éligibles : de quoi lisser la fiscalité en laissant une partie du résultat dans la société.

L’IR peut être intéressant au démarrage (imputation des déficits sur le revenu du foyer) ; l’IS prend l’avantage quand l’activité dégage plus que vos besoins de rémunération. Là encore, tout se joue sur un calcul posé sur vos chiffres.

Comment choisir concrètement ?

La méthode fiable tient en trois étapes : estimer vos revenus sur 24 mois, chiffrer 2 ou 3 scénarios complets (cotisations, impôt, net disponible, protection sociale), puis choisir la structure qui gagne sur VOS chiffres. C’est exactement le déroulé du rendez-vous de cadrage d’une création d’entreprise au cabinet, avant toute formalité.

  • Revenus modestes ou activité d’appoint → la micro reste imbattable en simplicité.
  • Frais réels importants ou clientèle B2B → société (EURL/SASU) pour déduire les charges et récupérer la TVA.
  • Priorité au net immédiat → l’EURL part favorite ; priorité à la protection sociale et à la souplesse → la SASU.
  • Projet d’association ou de levée → SAS/SASU, pensée pour ça.

Ce qu’il faut retenir

  • Micro-entreprise 2026 : plafonds portés à 83 600 € (services) et 203 100 € (ventes). Simple, mais avec un abattement forfaitaire.
  • SASU = assimilé salarié, protection sociale complète, cotisations plus lourdes ; EURL = TNS, plus de net, couverture à compléter.
  • IS 2026 : 25 %, taux réduit 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour les PME éligibles.
  • Des frais réels élevés sont le signal du passage en société, avant même les plafonds micro.
  • Le bon statut se chiffre sur vos données réelles, en amont de l’immatriculation.
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Questions fréquentes

Quels sont les plafonds de la micro-entreprise en 2026 ?

203 100 € de chiffre d’affaires pour les activités de vente et d’hébergement, 83 600 € pour les prestations de services et les activités libérales, des seuils revalorisés pour la période 2026-2028 (contre 188 700 € et 77 700 € auparavant).

SASU ou EURL : laquelle coûte le moins cher en cotisations ?

À rémunération égale, l’EURL (régime TNS) supporte des cotisations sensiblement plus faibles que la SASU (assimilé salarié), en contrepartie d’une protection sociale plus légère, à compléter par de la prévoyance et de la retraite facultatives. Le net réellement disponible se compare en chiffrant les deux scénarios.

Peut-on passer de la micro-entreprise à une société ?

Oui, c’est un parcours très classique : on démarre en micro, puis on bascule en EURL ou SASU quand le chiffre d’affaires monte ou que les frais réels deviennent significatifs. Le cabinet gère la transition (création de la société, transfert de l’activité).

Quel statut pour payer le moins d’impôt ?

Aucun statut ne fait « payer moins d’impôt » dans l’absolu : la fiscalité dépend du niveau de bénéfice, de vos autres revenus et de l’arbitrage rémunération/dividendes. Le taux réduit d’IS à 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice rend l’IS attractif pour beaucoup de TPE, mais chaque situation se calcule.

Combien coûte la création d’une SASU ou d’une EURL ?

Chez Cabinet Presta, l’accompagnement complet (choix du statut, statuts sur-mesure, immatriculation, dépôt INPI, Kbis) est facturé dès 750 € HT, hors frais de greffe et d’annonce légale.

Faut-il un capital minimum pour créer sa société ?

Non : SASU, EURL, SARL et SAS peuvent se créer avec un capital libre dès 1 €. Un capital cohérent avec votre activité reste toutefois recommandé : il crédibilise le projet auprès des banques et a des effets fiscaux (notamment sur les dividendes en EURL).

Sources : Service-Public, Micro-entrepreneur : seuils

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