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Régime réel simplifié : qui est concerné et quelles obligations

Par Vincent Viaud, expert-comptable inscrit à l’Ordre. Publié le 29 avril 2026.

Le régime réel simplifié est le régime fiscal intermédiaire des TPE : l’entreprise est imposée sur son bénéfice réel, charges réellement déduites, mais avec des obligations comptables et déclaratives allégées par rapport au réel normal. Voici qui est concerné en 2026, ce qu’il implique au quotidien, et quand il cesse d’être intéressant.

Qui relève du régime réel simplifié en 2026 ?

Relèvent du réel simplifié les entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse les plafonds du régime micro sans excéder ceux du simplifié : entre 83 600 € et 286 000 € pour les prestations de services, entre 203 100 € et 945 000 € pour les ventes et l’hébergement (seuils revalorisés pour 2026-2028).

Seuils de chiffre d’affaires 2026 par régime
RégimeServices / libéralVentes / hébergement
Micro≤ 83 600 €≤ 203 100 €
Réel simplifié83 600 € à 286 000 €203 100 € à 945 000 €
Réel normal> 286 000 €> 945 000 €

Deux précisions utiles : une entreprise sous les seuils micro peut opter volontairement pour le simplifié (pour déduire ses charges réelles), et une entreprise du simplifié peut opter pour le réel normal. Ces choix se raisonnent au cas par cas.

Quelles obligations comptables au réel simplifié ?

Au réel simplifié, l’entreprise tient une comptabilité complète (livre-journal, grand livre, inventaire annuel) mais bénéficie d’allègements notables : possibilité d’une comptabilité de trésorerie en cours d’exercice (les créances et dettes ne sont constatées qu’à la clôture) et annexe comptable simplifiée.

  • Bilan et compte de résultat annuels, établis et attestés par le cabinet.
  • Liasse fiscale allégée : la série 2033, environ moitié moins de tableaux que le réel normal.
  • Registre des immobilisations et amortissements.

Comment fonctionne la TVA au réel simplifié ?

Côté TVA, le réel simplifié remplace les déclarations mensuelles par deux acomptes semestriels (juillet et décembre) et une déclaration annuelle de régularisation, la CA12. C’est un vrai confort de gestion, avec un revers : si votre activité croît vite, les acomptes calés sur l’année précédente sous-estiment la TVA réellement due, et la régularisation de la CA12 peut piquer. Un suivi en cours d’année évite l’effet ciseaux sur la trésorerie.

À noter : ce régime de TVA simplifié a ses propres conditions (notamment un plafond de TVA exigible annuelle) ; en cas de dépassement, l’entreprise bascule sur des déclarations mensuelles ou trimestrielles, même si elle reste au simplifié pour l’imposition du bénéfice.

Réel simplifié ou réel normal : que choisir ?

Le réel normal devient obligatoire au-delà des plafonds, mais il peut aussi se choisir : déclarations de TVA mensuelles (utile quand vous êtes structurellement en crédit de TVA), comptabilité d’engagement complète (meilleure vision pour piloter), crédibilité renforcée du dossier. Beaucoup d’entreprises en croissance anticipent la bascule un exercice avant d’y être contraintes, et la transition se prépare avec le cabinet.

Le simplifié est-il vraiment plus simple pour vous ?

La vraie réponse : avec un cabinet équipé, la « simplicité » administrative du régime compte moins que son adéquation à votre activité. Chez Cabinet Presta, la comptabilité est tenue au fil de l’eau sur Pennylane quel que soit le régime. Le choix entre micro, simplifié et normal redevient alors ce qu’il doit être : un calcul d’optimisation sur les charges déductibles, la TVA et la trésorerie.

Ce qu’il faut retenir

  • Réel simplifié 2026 : CA entre 83 600 € et 286 000 € (services) ou entre 203 100 € et 945 000 € (ventes).
  • Comptabilité complète mais allégée, liasse série 2033.
  • TVA : deux acomptes semestriels + CA12 annuelle. Attention à la régularisation en cas de forte croissance.
  • Option possible pour le simplifié dès le régime micro, et pour le normal depuis le simplifié.
  • Avec un cabinet digital, le choix du régime devient une pure question d’optimisation.
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Questions fréquentes

Quels sont les seuils du régime réel simplifié en 2026 ?

De 83 600 € à 286 000 € de chiffre d’affaires pour les prestations de services et activités libérales, et de 203 100 € à 945 000 € pour les ventes et l’hébergement. En dessous : régime micro (sauf option) ; au-dessus : réel normal.

Quelle est la différence entre réel simplifié et réel normal ?

Le bénéfice est imposé de la même façon ; ce sont les obligations qui changent : liasse allégée (2033) et TVA par acomptes semestriels au simplifié, contre liasse complète et TVA mensuelle au normal. Le simplifié allège les démarches sans changer le calcul de l’impôt.

Une SASU peut-elle être au régime réel simplifié ?

Oui : le réel simplifié n’est pas réservé aux entreprises individuelles. Une SASU ou une EURL sous les plafonds relève de plein droit du simplifié, avec option possible pour le réel normal.

C’est quoi la déclaration CA12 ?

La déclaration annuelle de TVA du régime simplifié : elle récapitule la TVA due sur l’exercice, impute les deux acomptes semestriels versés et dégage le solde à payer ou le crédit à rembourser.

Que se passe-t-il si je dépasse les seuils du simplifié ?

Vous basculez au régime réel normal, avec des déclarations de TVA mensuelles et la liasse complète. La bascule mérite d’être anticipée un exercice à l’avance pour adapter l’organisation comptable sans à-coups.

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